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Faut-il simuler l'orgasme ?

L'actualité du 18 juin 2009

Cet acte considéré comme étant assez banal, peut avoir un impact non négligeable sur une relation de longue durée. Solution de facilité sur le moment, elle peut devenir habituelle et faire rentrer le couple dans un cercle vicieux dont il est difficile de sortir au fur et à mesure que le temps passe.

Pourquoi simuler l'orgasme

Avant de savoir si c'est une bonne chose de simuler l'orgasme, il faut bien déterminer la raison pour laquelle la simulation est utilisée.

Nous pouvons distinguer deux catégories de simulations communes aux deux sexes. La simulation de premier niveau regroupe ainsi les personnes qui simulent pour se motiver et se mettre en condition, ou bien pour encourager leur partenaire. Dans les deux cas, seul le contexte du rapport altère la prise de plaisir (fatigue passagère, lieu exigu, alcool, etc.) et ce désagrément n'est qu'occasionnel.

La simulation de second niveau englobe toutes les personnes qui simulent pour cacher une absence de plaisir, un problème physique, des douleurs constantes, un manque de lubrification, un stress chronique, un blocage psychologique, un mal être profond... et toutes autres raisons qui ne sont pas liées simplement au contexte de l'acte. Une ou plusieurs de ces causes surviennent alors fréquemment, si ce n'est pas à chaque rapport et empêchent la prise de plaisir.

Risques de la simulation de l'orgasme de premier niveau

Il n'est pas rare pour un homme ou une femme d'être tenté(e) de simuler lors d'un premier rapport avec un nouveau partenaire.

A ce moment là, il est difficile de savoir si la relation va durer et beaucoup ne veulent pas s'embarrasser à avoir une discussion délicate sur ce qui provoque l'absence de plaisir. La simulation est ainsi la solution de facilité, car plus vite c'est terminé, mieux ce sera...

Il est clair que pour une relation courte voire d'un soir, nous ne pouvons pas vraiment parler de risques. On peut seulement considérer que ce n'est pas forcément rendre service à son partenaire si cette absence de plaisir est due à sa maladresse. Au lieu de simuler, il est préférable de lui dire quand il ou elle s'y prend mal. Selon la susceptibilité de la personne, il est souvent possible de donner également quelques indications pour procurer plus de plaisir lors d'une fellation, un cunnilingus, une pénétration, etc. Non seulement cela offre plus de chances d'avoir un ou plusieurs des orgasmes attendus, mais en plus le partenaire aura appris des choses.

Dans le cas où il y a un réel souhait de prolonger la relation, la simulation sert généralement à protéger l'égo de son ou sa partenaire. Comme il y a une volonté de rester avec cette personne, il y a une détermination à être performant(e) au niveau sexuel, que ce soit pour procurer des orgasmes ou en avoir.

Dans ce contexte, le principal risque est bien évidemment d'en faire trop et en particulier si la manière de faire l'amour de votre partenaire ne vous convient pas du tout. On se condamne alors à simuler sensiblement de la même manière à chaque rapport pour éviter que le partenaire se rende compte de la supercherie. En simulant, cela instaure aussi, sans le savoir, une rupture de communication. Ne pas dire à son partenaire que c'est douloureux ou que ce qu'il ou elle fait ne procure pas de plaisir est la meilleure manière de créer de l'insatisfaction sexuelle qui impactera sur le reste de la relation. Ce dialogue est pourtant extrêmement important car c'est uniquement de cette manière que la qualité des rapports s'améliorera et qu'il y aura un épanouissement sexuel.

Plus généralement, la simulation de premier niveau intervient dans un couple, lorsque le contexte n'est pas favorable. On peut être fatigué(e), pas forcément d'humeur câline, préoccupé(e) par le travail ou n'importe quoi d'autre. Le fait est que dans ce contexte, il arrive que l'on sache pertinemment que l'on n'arrivera pas à se laisser aller suffisamment pour se concentrer sur son plaisir et éventuellement avoir un orgasme.

La simulation permet alors de se mettre en condition temporairement. Les mouvements et les soupirs forcés et contrôlés peuvent finalement au cours du rapport devenir spontanés et involontaires.

Ici, on peut considérer que la prise de risque est faible pour le couple. Toutefois, si la simulation est utilisée trop régulièrement pour se mettre en excitation, cela dénote probablement un problème plus profond dans le couple. Promiscuité avec les enfants, un travail qui prend trop le pas sur la vie privée, manque de nouveautés dans les rapports, moins de désir pour son partenaire... Simuler fait que l'on occulte des désagréments de ce genre pendant un rapport intime. Toutefois, il faut être conscient(e) que cela ne corrige rien et que cela peut également déboucher sur une insatisfaction sexuelle qui impactera sur le reste de la relation.

Risques de la simulation de l'orgasme de second niveau

La simulation de second niveau peut s'instaurer au fil du temps dans un couple longue durée mais également dès le début de la relation. Qu'importe la cause physique ou psychologique, il y a une volonté d'assurer un devoir conjugal. Simuler donne l'illusion d'une sexualité épanouie et rassure le ou la conjointe sur la qualité des rapports intimes. La simulation apporte alors ce qu'attend l'autre et permet d'éviter que le partenaire recherche du plaisir sexuel avec une autre personne.

Dans ce cas, la simulation est déjà une habitude installée. Le risque pour le couple est donc évident. Pour la personne qui simule, la frustration sexuelle peut créer des tensions pouvant aller jusqu'à la rupture du couple ou à la prise d'un amant ou une maitresse. Pour la victime de la simulation, si il ou elle s'en aperçoit, le choc peut être très violent au niveau émotionnel. Là encore, la trahison ressentie peut provoquer une crise dans le couple pouvant entrainer une rupture.

Il est extrêmement difficile d'exprimer les raisons qui ont poussé à simuler s’il n'y a jamais eu de communication autour de la sexualité dans le couple. Pour sortir du cercle vicieux de la simulation de second niveau, il est généralement conseillé de faire appel à un sexologue ou un conseiller conjugal.

Alors, la simulation est-elle une mauvaise chose

Un partenaire expérimenté pourra avoir des doutes, mais si ce n'est pas le cas il peut se faire avoir complètement par l'illusion orchestrée par un bon simulateur ou une bonne simulatrice. Parfois il ou elle fera même semblant d'y croire pour éviter d'en parler ou parce qu'il ou elle n'apporte guère d'importance au plaisir apporté à son partenaire.

Simuler traduit un vrai manque de communication. Faire semblant est plus rapide que d'expliquer pourquoi on n'y arrive pas. Cela permet également de préserver son partenaire en ne lui renvoyant pas le fait qu'il ou elle ne fait peut être pas les choses correctement.

L'effet pervers de la simulation est que c'est une solution dangereuse sur le long terme. Plus elle s'installe dans la durée, plus il est difficile d'en parler. Avouer cela après coup est un risque important puisqu'il met à mal la confiance instaurée dans le couple. Si le dialogue n'arrive pas à se mettre en place, la frustration du partenaire qui simule peut devenir de plus en plus oppressante. Les rapports deviennent des moments désagréables et redoutés ce qui peut créer des blocages plus profonds. Ils s'espacent avec le temps et cela provoque un manque sexuel pour les deux partenaires.

 

Références : Roomantic - la sexualité au féminin


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