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Chronique dí1 petite mort sublimée...

Sabrina Bauwens, sexologue, est curieuse de nature. Faire le plein d’idées, d’ouvrages, d’objets ludiques ou de thérapies pour ses patients fait partie intégrante de son travail. Lorsqu’elle découvre le concept du massage tantrique de Mary Hash sur le Net, elle n’a qu’une idée en tête: essayer! Récit d’un voyage pas comme les autres…

Le sexe, ça s’apprend! Et pas seulement à l’horizontale… Licenciée en Sciences Familiales, Conjugales et Sexologiques, Sabrina Bauwens a fait son apprentissage à l’U.C.L!. Installée à Liège, une ville universitaire qu’elle juge ouverte d’esprit, elle débute sa carrière dans un planning familial puis ouvre, un an plus tard, son cabinet privé au coeur de la cité. Elle partage son temps entre ses patients et ses projets: conférences et séminaires de sexologie, bibliothérapie sur l’éjaculation précoce, lancement de la Pole dance et d’un site internet. Son métier? Développer les potentiels sexuels avec précaution, vaincre les tabous avec délicatesse, rebooster les libidos à la traîne. Déjà adepte du yoga tantrique, elle a considéré avec intérêt le travail sérieux et transparent de Marie et Thierry Raes chez Mary Hash, sur le massage tantrique: «une cour de récréation plus qu’agréable!» précise-t-elle en souriant. Le temps d’une séance, la praticienne est devenue patiente, la prof. s’est transformée en élève…

En tant que sexologue, quel regard portiez-vous sur le massage tantrique?

Un regard curieux et intrigué à la fois. Le sujet de la sexualité est si vaste qu’il est difficile parfois de s’y retrouver et de séparer le bon grain de l’ivraie. Beaucoup de concepts et d’outils sont détournés ou font l’objet de fantasmes. Le tantrisme, lui, fait partie des sujets galvaudés.

Il prône la continence, l’érotisation de l’acte sexuel, et pourtant, dans l’inconscient collectif, le massage tantrique rime souvent avec rapport sexuel ou masturbation. En tant que sexologue, je suis tenue de renier les préjugés et de garder une grande ouverture d’esprit. M’intéresser aux techniques nouvelles, les tester parfois, pour saisir la réalité des choses et conseiller au mieux mes patients et internautes, voilà ma priorité. Chez Mary Hash, j’ai senti le besoin d’aller au delà du reflet du miroir, comme Alice aux pays des merveilles! J’ai donc osé entreprendre cette magnifique aventure.

Pensez-vous que le massage tantrique soit intéressant et compatible avec les thérapies sexologiques que vous pratiquez?

Tout à fait. C’est même complémentaire. Une fois de plus, j’estime qu’une vision étriquée peut conduire par erreur à légitimer la thérapie classique par la parole, au détriment de toutes les autres, vues comme des supercheries. Pourtant, la sexualité est aussi plurielle qu’il y a de personnalités sur terre, multifactorielle et en perpétuelle évolution. Impossible de guider les patients vers une seule porte de sortie: je me dois de travailler au cas par cas. Mon offre de thérapies et d’outils doit être large et polyvalente, afin de guider la personne en souffrance selon ses attentes, sur un mode qui lui parle: oral ou corporel.

Je travaille moi-même avec une technique cognitivo comportementale, car il me semble primordial que chacun comprenne ce qu’il vit dans et à travers son corps: son fonctionnement mécanique mais aussi sa sensibilité, sa réaction à plus d’intimité…Le massage tantrique est donc indéniablement un vecteur de progression, de découverte. D’autant que nos envies, notre sensibilité émotionnelle et tactile ne sont pas figées! Il faut refuser de prendre pour argent comptant ce qu’on entend sur l’érotisme et la sexualité: il n’y a pas de formule toute faite pour décupler désir ou plaisir, aucune leçon à réciter par cœur. Ce sont au contraire des émotions à vivre! En cas de souffrance, les professionnels sont là pour informer et aider, afin de pallier aux traumatismes. C’est ce que je tente de faire à travers mon site Internet www.sexologieliege.be. Quant à Marie et Thierry, ils livrent, avec le massage tantrique, un moyen de tisser ou renouer un formidable lien sensuel avec nous-mêmes.

Comment avez-vous vécu le massage tantrique que vous avez testé récemment?

(Rire) Moi qui fais parler les gens de leur sexualité, de leur intimité, c’est à mon tour d’avoir du mal à mettre en mot mon vécu personnel. Ce que j’ai expérimenté chez Mary Hash est une fabuleuse rencontre avec moi-même. Vers des lieux intimes, parfois tendres, parfois rudes. Une découverte de mon corps, dans ses contours et ses profondeurs. Depuis longtemps je n’avais plus «senti» mon corps, aguerri à suivre le mental, plié à bouger, travailler, telle une enveloppe pour interagir dans le monde. Mais notre corps est bien plus que cela. Je l’ai redécouvert, il m’a parlé et je l’ai enfin écouté. Quelle sensation, quelle énergie s’en dégage! C’est interpellant, magique et apaisant à la fois. Ce fut un face à face constructif avec mon image, ma nudité et ma féminité.

Vous êtes-vous tout de suite sentie à laise?

Oui, car le cadre a joué: décoration, luminosité, agencement des pièces…Dans cette belle maison de maître, tout a été pensé pour vous aider à perdre la notion du temps. Le couloir d’entrée a vocation de passage initiatique. Puis on pénètre dans une autre salle, à l’atmosphère de luxe, calme et volupté qui facilite le lâcher-prise. Les masseurs ont l’art de prendre le temps qu’il faut, avant, pendant et après. Si bien que le massage tantrique n’apparaît jamais comme quelque chose de malsain, de vulgaire ou de purement sexuel. C’est un acte d’amour, de communication, donné avec une infinie tendresse. Un don de l’autre qui nous aide à nous révéler à nous-mêmes. Quel beau cadeau! On en sort transformée. C’est nous, mais en différent. On a compris quelque chose de primordial et plus rien ne sera pareil car notre regard est nouveau. Comme une deuxième naissance…ou un voyage. Vers où ? À vous de le découvrir… Quant à moi, je n’en suis toujours pas revenue!

Mise en mots: Francine Burlet
Mars 2008